Livre : Caverne et cosmos, de Michael Harner

Ce livre raconte l’histoire de certains des milliers d’Occidentaux qui ont trouvé réponse à ces questions en appliquant les méthodes millénaires des chamanes, et notamment en «franchissant l’arc-en-ciel» grâce aux battements du tambour pour découvrir les merveilleux royaumes célestes où de l’aide les attendait. Ils ont également trouvé une liberté spirituelle nouvelle, celle de savoir plutôt que de simplement croire ou ne pas croire.

Comme l’a souligné Mircea Eliade, feu l’éminent spécialiste des religions comparées, les chamanes occupent une place unique dans les traditions spirituelles de la planète par leur aptitude à s’envoler vers d’autres mondes, et notamment vers les cieux. Ils atteignent ces mondes dans ce qu’il appelait un état «d’extase», ou état modifié de conscience. D’après lui, cette modification de l’état de conscience s’obtient grâce à la «magie musicale» du tambour : «C’est par la magie musicale du tambour que le chaman peut atteindre le plus haut ciel.» Il ne donnait pas davantage de précisions, toutefois, sur la nature de cette «magie musicale».

Les tambours sont partout sur les photographies de chamanes sibériens, particulièrement réputés pour leurs envols hors de ce monde. De nombreux spécialistes ont émis l’idée que ces tambours n’étaient utilisés au cours des séances chamaniques que pour leur «effet théâtral» ; certains sont même allés jusqu’à affirmer que les chamanes sibériens ne changeaient pas du tout d’état de conscience. D’autres, comme le mycologue Gordon Wasson, ont avancé que c’était l’ingestion du champignon psychotrope Amanita muscaria qui donnait à croire aux chamanes sibériens qu’ils s’envolaient vers d’autres mondes.

L’omniprésence des tambours sur ces photographies a éveillé ma curiosité, et, à la fin des années i960, j’ai entrepris de vérifier par moi-même si les battements de tambour favorisaient ou non ces envols magiques. Après plusieurs expériences, j’ai pu conclure avec enthousiasme qu’un rythme régulier de deux cent cinq à deux cent vingt frappes par minute fonctionnait parfaitement pour modifier l’état de conscience et, à condition d’avoir quelques connaissances chamaniques, permettait de s’envoler pour des mondes spirituels ou d’y voyager. C’est ce que j’appelle l’auditory driving ou sonic driving, une technique chamanique classique qui ne nécessite aucune prise de drogue.

A propos de l’auteur:
Né en 1929 aux États-Unis, professeur de Carlos Castaneda à l’université de Berkeley, Michael Harner a également enseigné à Columbia, à Yale et à la New York Academy of Sciences. Son approche académique et sa formation chamanique approfondie se sont combinées pour créer un champ d’expertise et d’influence unique. Il est le fondateur de la Foundation for Shamanic Studies (FSS) qui – dans un renversement culturel intriguant – réintroduit les pratiques chamaniques dans des régions du monde d’où elles ont disparu.

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