Chronique 6 : Jeux de mimes

Je voudrais, pour cette 6ème Chronique, aborder un thème qui, comme l’on sait, m’est cher, et l’aborder par une illustration très concrète, puisqu’il s’agit du récit d’une observation précise d’un phénomène non-identifié, qui servira à relancer, par son caractère inattendu et scénique, la problématique, toujours présente, toujours aigûe, du mimétisme OVNI.

Ce à quoi nous allons assister, ici, c’est à une véritable mise en scène d’un mimétisme, qui pourrait apparaître parfaitement absurde, ou ludique, ou tout autre chose encore que l’on voudra… .

Dans l’expression « mise en scène », il y a « mise » et il y a « scène » (je laisse de côté le « en », qui ferait intervenir la réflexion sur le mode de scénarisation, ce qui n’est pas mon propos, aujourd’hui). Car, dans le cas que je vais présenter, on a véritablement le sentiment qu’un matériel est « monté » pour produire un spectacle. Mais, ce matériel, comme on va le voir, est emprunté à l’environnement pour être détourné et mis en scène, en tableau, par ce détournement.

Cette observation s’est déroulée le mardi 23 août 2016, sur le front de mer de Saint Gilles-Croix-de-Vie, en Vendée. Elle eut plusieurs dizaines de témoins. Je fus l’un d’eux, et ce récit sera, donc, cher(e)s ami(e)s, mon modeste cadeau de Noël, en ce mois de décembre 2018… !

reconstitutionIl était 21h35. Nous étions, ma compagne et moi-même, ainsi que sa cousine Cécile, installés à une table de l’un des nombreux restaurants touristiques, qui déployaient leurs terrasses surmontant la plage, toutes occupées, et très nombreux étaient encore les vacanciers qui flânaient (ou attendaient, enveloppés d’un espoir quelque peu dubitatif, qu’une table se libérât…). La nuit était tombée, il faisait encore chaud, malgré la fraîcheur océanique. En bref, une banale, mais agréable, soirée aoûtienne, très animée, très peuplée, très colorée.

Toutes les tables au-dehors étaient abritées d’un auvent de toile, mais à l’air libre sur les côtés, sans ces bâches d’épais plastique parfois tendues pour protéger du vent, et qui troublent la vue sur la plage. Nous avions,donc, une vue directe sur celle-ci en contrebas, où seuls deux ou trois jeunes enfants jouaient encore au ballon. 

Ma compagne était assise à ma gauche, au plus près de la rambarde, et sa cousine face à elle. Celle-ci, comme nous attendions nos desserts, me demanda: « Où en es-tu dans tes recherches  (ufologiques) ? ». Je m’apprêtai à répondre, lorsqu’elle m’interrompit: « Regardez ! », en nous désignant le ciel nocturne. Un « objet » venait d’apparaître, à sa droite, au-dessus , semblait-il, de l’océan, à environ 100 mètres de nous, peut-être moins, là où les vagues mordaient la plage.

reconstitution 2Le phénomène avait l’apparence d’un tube métallique vertical, gris foncé ou noir, de 2-2,5cm à bout de bras. Son diamètre était difficile à évaluer: beaucoup plus gros qu’une simple baguette de bois; je dirais: 5 ou 6mm à bout de bras. Et ce tube était coiffé de vives flammes dorées, qu’il reflétait légèrement, et qui représentaient plus d’un tiers de l’ensemble de l’objet. Les flammes étaient verticales, elles ne se rabattaient pas, malgré le déplacement, sur le corps du tube. Le tout se déplaçait lentement (vitesse d’un cycliste en promenade) et régulièrement, sans bruit audible, horizontalement. Des exclamations fusèrent des terrasses, et les affamés encore en attente, se montraient du doigt l’incroyable vision.
Puis, l’ »objet » commença à s’élever, peu à peu, au fur et à ,mesure qu’il s’éloignait, et il se perdit au loin, vers le sud (direction de Brétignolles), sa taille se réduisant d’autant. L’ensemble de l’observation avait duré entre 30 secondes et 1 minute.

Chacun, aux tables voisines, et nous-mêmes, ainsi que les nombreux promeneurs qui avaient assisté à la scène , en demeuraient stupéfaits. Le spectacle était trop fascinant pour que nous ayons même eu l’idée de le photographier. Nous étions restés accrochés à cette manifestation si soudaine, si anachronique.  Le spectacle d’une anomalie.

Mais, une fois revenus de notre surprise, je crois qu’il n’y eut que deux personnes qui prirent conscience d’un autre aspect, encore plus étrange, du phénomène qui venait ainsi de se révéler: ce fut ma compagne et moi-même. Car voici: durant toute cette soirée, à quelques dizaines de mètres de nous, une animation bien particulière avait lieu: un « cracheur de feu » lançait vers le ciel le souffle sonore de ses puissantes flammes !

Ce fut, pour nous deux, comme une flagrante évidence: un phénomène non-identifié venait de mimer sous nos yeux la démonstration du « cracheur de feu ». Ou, plus exactement, le jet vertical des flammes vomies par celui-ci. La simulation d’un flambeau, d’une torche, comme si le tube simulait le corps dressé , et la couronne de flammes celles expulsées de sa bouche. Et ce, au moment précis où j’allais, à la demande de Cécile, lui parler de l’état actuel de mes recherches, en y incluant le mimétisme !

J’ajoute, avant de poursuivre, quelques utiles précisions, d’ordre plus « technique » pour un enquêteur. Le ciel était bien dégagé, étoilé, la lune décroissante (avec, renseignement pris, une visibilité à 80%). PL: le 18-08. DQ: le 25-08. Le soleil s’était couché bien sagement à 20h54. Très léger vent de 5km/h. La nuit rend difficile de savoir si l’objet se trouvait juste au-dessus de l’océan, mais très proche du rivage, ou bien au-dessus de celui-ci. Ma compagne prétend même l’avoir vu entre les enfants qui jouaient au ballon et nous !

Le sentiment qui domine, ici, est bien celui d’une ironie, ou d’un clin d’oeil amusé, du phénomène, qui mériterait bien alors son surnom de « fripon » (1), de farceur… Tout au moins tel cela nous paraît-il à nous humains, à nos critères humains de compréhension. Il y a bien des années, je  posais la question des limites de ce mimétisme. En a-t’il ? Le phénomène a-t’il des limites non seulement à ses capacités mimétiques, mais encore à sa gamme virtuelle d’imitation ? Peut-il (veut-il) tout imiter ? Question à mon sens trop générale pour qu’une réponse, une solution, soit possiblement apportée.

Mais, cette question, elle se pose forcément à nous, lorsque nous prenons conscience de l’étendue des imitations dont nous avons connaissance.
Bien sûr, ne se posent cette question que ceux qui admettent, ou tout au moins supputent (car comment être totalement et durement affirmatif, là où le risque anthropocentrique est encore si présent ?), la réalité du mimétisme OVNI. Et il est bien certain que, dans l’optique (qui, comme on le sait, n’est pas la mienne) de l’HET, à quelque acrobatique degré celle-ci s’énonce, cela pose quelques sérieuses difficultés…

L’impression générale qui émane du cas que je viens d’exposer est celle d’une représentation (donc destinée à des spectateurs), d’une scène de théâtre (de théâtre amusant, une comédie ?), un théâtre de mime. L’artiste puise un élément dans son environnement proche, et le détourne, comme savent le faire les jeunes enfants qui détournent leur jouet de sa fonction habituelle, de la fonction pour laquelle il a été fabriqué. L’artiste se saisit de cet élément (quel qu’il soit ? Ici se pose la question du sens…), et il l’introduit dans un ensemble scénique, où cet élément « mis en vedette » fait l’objet d’un montage dans lequel , structurellement, sa signification change, mais en conservant nécessairement celle de référence, qui permet justement au mime d’être « le mime de… », d’être reconnu comme tel. Ici se pose alors une autre question: contrairement à l’artiste de notre théâtre, le phénomène, s’il est intentionnel, se présente-t’il  comme mime, i.e. comme le produit d’une imitation, ce à quoi notre cas fait penser, ou bien cherche-t’il à effacer aux yeux des témoins le caractère mimétique de ce qu’il présente ? Ou bien, selon les circonstances, le phénomène joue-t’il (et se joue-t’il) différemment, mime avoué, mime caché ?  Impossible de répondre à ces questions: peut-être parce qu’au regard du phénomène lui-même, celles-ci sont mal posées…

P.S.: Est-il égocentrique, anthropocentrique, prétentieux, ou…tout simplement erroné, à moins que ce ne soit juste réaliste, d’émettre l’hypothèse que le « spectacle » m’était destiné ? Au vu de différents éléments que j’ai rapportés, il est au moins possible, sinon légitime, -et sans préjuger de la réponse-, de se poser la question. Deux semaines plus tard, dans le Loiret, ma compagne et moi assistions à la mise en place d’un… mimétisme de constellation… !

Jean-Jacques Jaillat


(1) Cf: C.G. Jung, K.Kerényi, P. Radin: « Le fripon divin », Georg éd., 1958.

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